La Nuit juste avant les Forêts

Koltès écrit en 1977 un texte brûlant – aujourd’hui politiquement explosif à l’heure des colères qui embrasent peu à peu la France, l’Europe et le monde.

« La nuit. La pluie. Un homme accoste un inconnu dans la rue. Il est étranger, saoul ou dérangé, ses propos sont décousus mais l’homme s’entête, il faut qu’il se fasse comprendre… »

À l’affiche

Premières Critiques – création au Petit Louvre Avignon OFF & Lavoir Moderne Parisien 2019

La compagnie

Pour un théâtre désormais politique et combattant.

Aujourd’hui, il y a urgence.
Les temps se clarifient.
Il faut prendre partie.
Il faut s’engager.

L’art est politique par nature. Mais en biais. En résonance ou avec un temps d’avance. Il explore. Il détourne. Il fait voler en éclats nos certitudes bourgeoises et rappelle le sacré et le brut au chevet d’une société qui toujours se fossilise – nature même du processus de socialisation. Jusqu’alors, nous oeuvrions sur le terrain et sur le plateau. Nous étions politiques dans la manière d’exercer le théâtre, dans la manière de le fabriquer, dans les rapports au sein de l’équipe, dans son style et sa forme. Mais aujourd’hui, le fond est également requis.

Aujourd’hui, il n’est plus l’heure d’être en avance.
Il faut s’engager.

« La dictature parfaite aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader. Un système d’esclavage où, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l’amour de leur servitude. » (Aldous Huxley)

Ce qui a changé aujourd’hui ? C’est qu’ils opèrent en pleine lumière, violemment, sous nos yeux – car il y a des « ils & elles ». Il ne faut jamais oublier que la brutalité du monde est toujours un choix fait par les femmes et les hommes en capacité de choisir. Choix conscient ou inconscient, peu importe. A un moment, un choix est fait.

Aujourd’hui, notre travail – je ne parle que pour nous au sein de BordCadre – n’est plus seulement de rappeler que la vie se niche hors du tranquille confort satisfait d’une bourgeoisie inquiète – cette bourgeoisie du vivant qui tente d’éteindre l’angoisse du temps à coups d’assurances sur la vie et d’oubli du corps. Car la rue, la violence économique, la violence sociale et politique, la montée de pensées immondes viennent trouer cette tranquillité qui nous transforme en momies avant l’heure. Il ne s’agit plus seulement de porter une parole ailleurs, plus tard… vers d’autres qui n’avaient pas la chance de vivre ici, dans ce temps et ce lieu protégés – dont la plupart des habitants avaient oublié la fragilité et l’exception historique car on s’habitue au luxe et aux acquis comme si ils nous étaient dus et non le fruit de luttes de ceux qui nous ont précédés !

Non aujourd’hui, ce luxe se change en cendres et la violence s’étend.

« Vivre c’est combattre » écrivait Hugo.  Nous voici revenus au XIXe siècle. Un XIXe certes technologique mais comparable dans la violence exercée sur les femmes et les hommes. Ici. Dans cet Eden où nous avions grandi – car ce fut un Eden au regard de l’Histoire.
Il n’est donc plus possible de fuir et de flâner.

Même si nous monterons Le Legs.
Car il faut continuer à rêver et à écouter le bruit du vent.
Pour reprendre des forces.

Et parce que faire vivre l’intime et l’amour dans la tempête est aussi la Vie.

Tout simplement.

(mai 2019 – GT & CR)

Direction artistique

Cécile Rist

Co-Fondatrice

Diplômée de l’ESAD. Cécile Rist, comédienne, auteure et metteur en scène, est également formatrice de la technique Alexander.

Guillaume Tobo

Co-Fondateur

Guillaume Tobo exerce les métiers d’acteur, producteur, metteur en scène, formateur, chercheur en techniques théâtrales et scénariste.

Le voisin du 48ème

Nouveau texte de Cécile Rist

Tailleur pour dames
de Georges Feydeau

Le laboratoire

Problématique générale : comment intégrer les découvertes du 20eet 21esiècle sur le fonctionnement de l’être humain et du monde – dans des disciplines aussi diverses que la linguistique, les sciences cognitives, l’analyse fonctionnelle du mouvement, l’ethnologie, la psychologie, la philosophie (…) – dans la création, la pratique, le training et l’enseignement du théâtre ? Et tout particulièrement dans l’exercice de l’art de l’acteur ?